Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 13:39

leplus.jpgChers lecteurs et visiteurs réguliers,

La campagne commence enfin ! Nous entrons en phase réellement opérationnelle pour un certain nombre d'amis et de clients que je conseille : petits et grands candidats, porte-parole, et quelques débutants.

 

Je continuerai ces hommages situationnistes à Jacques pilhan sur "Le Plus" qui m'a récemment sollicité pour accueillir mes papiers.

 

J'espère que vous me suivrez dans cette nouvelle aventure : http://leplus.nouvelobs.com/leblogduconseiller

 

Le Conseiller

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Par Le Conseiller
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 12:02

L’UMP m’a consulté samedi pour connaître mon analyse du voyage de Marine Le Pen aux Etats-Unis. Ce n’était sans doute pas le fait majeur de la semaine passée mais si les médias ont su en rendre compte dans les moindres détails, ils n’ont pas su interpréter les signes que ce voyage renvoyait dans l’opinion. Je leur proposai donc de passer de la question « ce voyage est-il réussi et est-il compris comme tel ? » à « quelle alchimie produit-il entre la candidate des protestataires de tout bord et la candidate introduite dans le système ? ».

J’ai formulé deux hypothèses, sans être pleinement capable de trancher.

1.       Ce voyage chez les grands dénature l’ambition protestataire de Marine Le Pen. En quête d’un crédit diplomatique dont elle ne dispose pas, elle tente de décrocher les trophées de quelques rencontres opportunes avec des décideurs et des opposants. C’est le schéma classique d’un candidat à l’élection présidentielle que les électeurs doivent assimiler très tôt à un grand ou un futur grand de ce monde. La politique étrangère appartient au domaine réservé du président de la République et il faut s’en attribuer la capacité pour être jugé apte à la fonction.

 

Si cette hypothèse est la bonne, alors il importe peu que cette visite officielle, en pleine semaine du G20 comme pour essayer de la contre-programmer, soit un cuisant échec. L’intention demeure dans l’opinion : Marine Le Pen a voulu se hisser au niveau d’un candidat républicain (même distancé dans la course à la primaire), elle s’est présentée devant les portes du FMI et a occupé une salle de réunion de l’ONU avec quelques représentants diplomatiques de second rang.

Ce voyage rompt ainsi avec la stratégie d’outsider anti-système du Front National. Si elle multipliait ces initiatives avant le 22 avril 2012, Marine Le Pen se construirait en force politique alternative et non en « parti politique anti-politique » tel que son père a voulu que son parti soit depuis qu’il l’a fondé.

 

Si c’est le cas, alors Marine Le Pen perdrait plus d’électeurs protestataires qu’elle ne gagnerait de suffrages auprès de ceux qui la jugeraient assez capable pour gouverner. Cette stratégie pourrait donc conduire à une dilution de son capital de protestation au profit d’autres candidatures.

On peut en effet difficilement critiquer le FMI « affameur de peuples » et l’ONU « officine mondialiste » et essayer ensuite d’en rencontrer les représentants… sauf à médiatiser le refus de ces derniers, ce qu’elle a fini par faire en fin de semaine dernière.

 

Poursuivons l’hypothèse : Marine Le Pen veut faire du Gianfranco Fini en accéléré. Passer du patron de parti post-fasciste (le Mouvement social italien transformé en Alliance nationale) en leader du centre-droit italien, alternative rassurante à la présidence de Silvio Berlusconi. Mais entre temps, Fini avait pactisé avec la parti majoritaire de la droite italienne, considérablement modéré son discours politique, avait fait un voyage remarqué au mémorial de Yad Vashem (Tel Aviv) et il était devenu président de la Chambre des députés après avoir été ministre des Affaires étrangère et vice-président du Gouvernement.

 

Mon opinion est donc que Marine Le Pen a grillé les étapes et qu’elle peut perdre le luxe de fédérer les 20% d’électeurs protestataires le 22 avril prochain. Elle aurait dû multiplier les initiatives avec des représentants européens des majorités ou des oppositions nationales, et puiser dans l’Europe les sources d’un discours international moins confus et politiquement cohérent.

 

2.      Dans une seconde hypothèse, Marine Le Pen réussit la synthèse et incarne une candidature crédible et réellement alternative dans l’opinion car elle aura puisé dans le système politique assez de connaissance et de relations pour le transformer. Y goûter, un peu mais pas trop, au bon moment, et Marine Le Pen peut figurer en tête des personnalités politiques dont les Français voudraient qu’elles gouvernent – et non qu’elles président – après 2012.

Dans ce cas, cette visite a été mal préparée et n’a pas rencontré tout l’écho qu’elle devait auprès de l’opinion. En voulant contre-programmer la semaine du G20, Marine Le Pen ne pouvait pas sérieusement espérer attirer vers elle la lumière. En allant au cœur des institutions d’une gouvernance mondiale qu’elle critique tant, elle ne pouvait pas espérer être reçue ni bien comprise de son électorat, à moins de « marcher sur Washington et New York ».

 

Mais cette visite est une pierre dans le jardin de l’électorat centriste ou indécis qu’aucun candidat ne parvient encore à capter.

 

3.      Les conséquences pour l’UMP sont grandes car Marine Le Pen entretient la confusion entre le profil dont elle essaie de se doter, son programme et la droite de l’UMP. Au jeu de la capacité à gouverner avec sérieux, elle peut disputer beaucoup d’électeurs aux candidats de la Droite populaire. Et faire ainsi tomber l’argument majeur de Nicolas Sarkozy face à Jean-Marie Le Pen auprès de ces électeurs en 2007 : « votez pour moi plutôt que pour lui, car moi, je serai élu et donc en capacité d’agir ». En infligeant des coups répétés à la ligne Maginot qui opposait clairement hier le RPR/UMP au Front National, la Droite populaire a permis à Marine Le Pen d’entrer dans son champ et de s’attribuer progressivement des qualités de co-gouvernante de la France.

 

Dès lors, une expérience de gouvernement où participerait le Front National n’apparaîtra plus perturbatrice aux yeux de beaucoup d’électeurs et le leadership idéologique et politique de l’UMP sera considérablement challengé. C’est moins la question de la présidentielle que celle des législatives de juin 2012 qui est posée.

 

J’ai conclu en suggérant à Nicolas Sarkozy de faire campagne en gouvernant, et de gouverner en faisant campagne. De se cantonner à son domaine réservé (la défense des intérêts supérieurs de la France), de ne laisser personne occuper cette position, et de déployer un discours au centre de la droite.

Par pilhan2012
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 17:12

Depuis mon départ il y a treize ans, certaines mœurs ont disparu de la scène française. Fumer au café, stationner sur les trottoirs ou décrocher son téléphone pour dormir en paix. En revanche, il en est d’autres dont s’accommodent encore paisiblement les médias français et ceux qui y parlent.

 

La première habitude est celle du « ON » et du « OFF ». Tout bon communicant apprend dès son premier rendez-vous avec un journaliste qu’il dispose d’au moins deux registres de discours : le ON, pour tenir des propos qui pourront immédiatement être cités et attribués ; le OFF, pour parler et être éventuellement repris sans que la source des propos ne soit identifiable par le public. Plus raffiné encore, le « OFF de OFF », pour tenir un discours qui doit rester strictement confidentiel et anonyme.

 

Le droit coutumier français de la communication prévoit également que le journaliste puisse s’approprier des propos tenus en OFF ou qu’il les place dans la bouche d’un locuteur fictif ou désigné : une « source proche du dossier », un « conseiller », un « ami »… voire même une personne réelle qui se verra ensuite accusée d’avoir tenu de tels propos. C’est finalement rassurant en un point : l’idéologie de la transparence a plus de fidèles que de praticiens quotidiens.

 

Mais cela demeure singulièrement hypocrite. En vérité, la différence entre le ON et le OFF n’est pas une question de confidentialité mais de temps et d’espace. Parler en OFF, c’est conserver la maîtrise de ses propos au cours d’une durée et d’un espace élargis : « Ce que je te dis, fais en bon usage mais à tel moment et à tel endroit de ton article, de ton enquête et de ton journal ». Dans le rapport de force entre le locuteur et le média, c’est une arme de poids dont la force dissuasive est liée au pouvoir et à l’autorité du locuteur.

Comme l’avait révélé Franz-Olivier Giesbert, le président Mitterrand savait parfaitement en user : « Ce que je vous dis, gardez-le pour vous pendant 2, 5 ou 10 ans », lui glissait-il lors de leurs conversations. François Mitterrand restait ainsi maître de son discours au cours d’une temporalité plus longue. L’impact de son discours reste intact et il préserve la force mémorielle.

 

C’est une coutume française, un vieil héritage, une bien mauvaise habitude, une sorte de duel où l’adversaire se cache ou se dissimule derrière un autre. C’est aussi un mode d’expression qui permet l’approximation. Les journalistes britanniques ou américains que nous rencontrons à Paris se font une règle de refuser le OFF. Ce qui est dit est dit et doit être répété ; sans cela, il n’existe pas. Cela n’interdit pas la conversation informelle, les briefings nécessaires et les explications techniques qui n’ont pas toutes vocation à se retrouver dans le journal. Mais cela est bien différent du OFF manipulatoire.

 

La seconde habitude est celle de la « relecture » à outrance des interviews. Là aussi, les journaux anglo-saxons et quelques rares et sérieuses publications françaises la refusent. Le principe est simple : aucun patron ni aucun politique n’accepte de donner une interview si le média ne lui en autorise pas la relecture, qui est en fait une réécriture partielle des propos.

Je m’efforce d’en déshabituer mes clients : si une prise de parole est solidement préparée, si toutes les questions sont anticipées et si le locuteur se place dans un devoir de sincérité, alors la relecture n’est pas indispensable. Je crois par ailleurs que communiquer, c’est prendre un risque et que sans risque, il n’y a pas de communication efficace, sincère et convaincante.

 

Il n’y a qu’à lire bon nombre d’interviews : le texte est pauvre, prévisible, arrondi, « langue de bois ». Il perd de sa force et de son utilité. La conséquence, c’est le verbe sans message, un désintérêt du lecteur et une défiance croissante envers les autorités sociales.

La relecture est parfois un mal nécessaire. Les imprécisions du journaliste sont parfois telles qu’il faut réécrire pour les corriger. Impréparation, manque de professionnalisme et de culture… les tares sont partagées. D’ailleurs, et c’est là un cercle vicieux, la perspective de la relecture exerce un effet déresponsabilisant sur le journaliste.

 

Mais abolir le OFF et signaler en prologue des interviews qu’elles ont été « relues et partiellement réécrites » (comme un quotidien de référence en avait l’habitude par le passé) permettrait sans doute de gagner en force et en impact ce que les émetteurs perdent aujourd’hui en spontanéité.

 

Et d’éviter à Jean-François Copé de démentir bruyamment le fait d’avoir tenu des propos discrets et donc libérés à une journaliste du « Nouvel Observateur ».

Par pilhan2012
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 16:19

J’ai accepté de répondre aux questions de Laureline Dupont (Marianne2). Une interview strictement écrite sur un media en ligne, sans photo ni vidéo. Utiliser une partie seulement des capacités media d’un canal, ce n’est pas pour brouiller les pistes mais pour forcer le lecteur à l’attention et pour tracer une empreinte plus nette.

 

 

Jacques Pilhan est mort, vive Jacques Pilhan ! Ressuscité par un anonyme, le pape de la communication politique sous Mitterrand et Chirac, dispense ses précieux conseils aux candidats de 2012 via un blog lancé le 20 septembre. Seule différence avec le vrai ? Le Pilhan nouveau « n'a pas fait voeu de rareté » puisqu'il publie quasi quotidiennement un billet. Il explique ses motivations à Marianne2, sans se dévoiler. Interview.


Marianne : Vous vous faites appeler « Jacques Pilhan », du nom du conseiller en communication de Mitterrand et Chirac. Mais le « sorcier de l'Elysée », selon le titre de l'ouvrage* de François Bazin, est mort en 1998. Alors, qui êtes-vous ?
 

Jacques Pilhan (2012) : En ressuscitant Jacques Pilhan, je propose de relire les fondamentaux du métier de conseil en communication tels que Pilhan les mettait à l’œuvre. Conseiller, c’est accepter de partager un risque avec la personne que l’on conseille. Conseiller, c’est ne pas tout sacrifier aux dépens de la vérité. Conseiller, c’est refuser de prédire mais mettre son énergie au service du réel, tant pour le comprendre que pour le transformer.

Les communicants doivent remiser le culte de la gestion de crise ou celui de la créativité au profit d’une relation de vérité avec leurs clients : s’attacher à ce que l’annonceur reste au contact du réel, ne pas lui servir systématiquement ce qui l’arrange à court terme… Le métier s’égare lorsqu’il se résume à la protection de son client, à la dissimulation ou au maquillage des faits. Ce n’est pas une question de déontologie mais d’efficacité pour un patron ou un politique qui cherche à construire une relation durable avec son public. On n’exploite pas assez la valeur d’adhésion et d’attention générée par la sincérité.

 

Vous avez vécu les deux campagnes électorales de François Mitterrand, en 1981 et 1988, puis celle de Jacques Chirac en 1995. Selon vous, qu'est-ce qui a changé dans la communication politique aujourd'hui ? Gilles Finchelstein a dénoncé dans un récent ouvrage la « dictature de l'urgence », ce réquisitoire vous paraît-il justifié ?
 

La politique reste l’art de trouver les mots, et que cette expression soit performative. Le défi demeure le même pour tous. Je ne crois pas à la thèse de l’accélération. Les grands cycles d’idées politiques conservent leur durée, souvent une génération ou deux. Le cycle libéral a été entamé il y a près de trente ans en France, et si Nicolas Sarkozy est réélu en mai 2012, il se sera imposé pendant quinze années continues. L’urgence, c’est un ressenti, une excuse. On dit souvent que Sarkozy est le « président du temps court » ; cela me paraît erroné. Il est un homme de temps long, il construit sur toute sa vie, mais il agit sur un rythme serré et sur des séquences raccourcies.


D’ailleurs, tout médiéviste sérieux peut écrire l’histoire de l’Europe du XVe siècle jour après jour. Et la Révolution française s’écrit quasiment heure par heure pendant quinze ans. L’analyse que vous citez traduit un défaut de compréhension des nouvelles dynamiques médiatiques, dont la caractéristique est la complexité plus que la rapidité. Vous noterez qu’après quelques années d’absence, j’utilise des moyens d’expression variés, afin de mieux éprouver ces nouvelles mécaniques d’interpellation et de communication. Nous pensons à la même vitesse qu’hier, mais nous dupliquons plus facilement, plus fréquemment et à plus grande échelle qu’hier. Le danger, s’il y en a un, c’est celui du vide ou de la confusion entre le media et le message.

 

Les deux candidats les plus hauts dans les sondages, François Hollande et Nicolas Sarkozy, semblent tous deux décidés à jouer la carte de la crédibilité. S'agit-il d'une stratégie pertinente et donc payante ou est-ce qu'un troisième homme (ou femme) peut émerger en endossant les habits du renouveau ?
 

Surtout, ne rien prédire… Mais j’observe que Nicolas Sarkozy est parvenu à imposer la question de cette élection : « Qui sera le plus à même de prendre rapidement les bonnes décisions pour restaurer les équilibres (notamment financiers) qui permettront à la France de rester ce qu’elle est ? » Chacun des termes de l’équation compte. Mais il n’est pas encore parvenu à imposer à l’opinion une réponse à cette question. La crédibilité est facteur parmi d’autres.

L’heure n’est en tout cas pas à la demande de changement, mais à la liquidation de la situation existante (la crise, l’endettement, le déficit, l’insécurité, le déclin, etc.). Le président qui sera élu le 6 mai aura été le candidat de l’anti-situation, et non l’incarnation du système qui l’a fait naître.

 

Selon vous, quel sera l'enjeu majeur de la campagne électorale 2012 ? Le spécialiste de l'opinion qui murmure à l'oreille des parlementaires UMP, Guillaume Peltier, considère que le vainqueur sera celui qui prendra en compte l'électorat populaire, vous êtes d'accord avec cette affirmation ?
 

Difficile d’être en désaccord avec une telle évidence ! Un simple rappel : 50% des actifs gagnent moins de 1 600 euros par mois en France. Et le chômage a atteint en septembre le record historique de 4,2 millions de personnes sans emploi. De fait, solliciter le vote des Français, c’est solliciter l’électorat populaire.


En lançant ce blog, pilhan2012, qu'espérez-vous ?

 

Rompre l’ennui.

*Le Sorcier de l'Elysée, de François Bazin, Plon

Par pilhan2012
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 09:39

J’ai suivi avec intérêt et étonnement le débat qu’a lancé la majorité sur la saturation du temps d’antenne par les socialistes lors des primaires citoyennes. Il me rappelle celui qu’avait mené avec succès l’opposition au début du quinquennat Sarkozy pour que le temps de parole du président de la République et de ses collaborateurs soit désormais décompté au même titre que celui de la majorité parlementaire (décision du 21 juillet 2009). Le député (PS) Didier Mathus et Jean-Marc Ayrault étaient alors montés au créneau ; je leur avais alors avoué mon franc désaccord.

De mon temps en effet, je m’y serais résolument opposé : la parole du président, rare et puissante, ne doit pas subir la pesanteur partisane ni l’excitation du temps gouvernemental ou médiatique. Si elle le fait jusqu’à se confondre avec  l’expression politique primaire, c’est qu’elle n’est plus ce qu’elle devrait être. Cette différence d’origine, constitutionnelle, devait autrefois lui donner sa valeur.

 

Le 19 octobre dernier, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a en effet rendu public le décompte des temps de parole des différents groupes politiques au cours du troisième trimestre 2011. Il en ressort notamment une très forte exposition des socialistes sur les chaînes d’information continue (Itélé, BFM, LCI), et l’obligation pour ces dernières de la compenser au profit de la majorité au cours du dernier trimestre de l’année.

Les uns (l’UMP) se plaignent d’avoir été ostracisés durant les primaires, les autres (les médias audiovisuels) plaident la nécessité de traiter l’information « telle qu’elle est » et, à décharge, la discrétion peu assumée des porte-parole habituels de la majorité.  

 

Cela me surprend à deux titres : c’est la première fois que la droite sous Nicolas Sarkozy s’inquiète du volume de son audience et de sa visibilité. Elle n’a habituellement jamais recours aux calculettes pour conquérir une part de voix, d’influence et d’éditorialisation suffisante. Ou lorsqu’elle le fait, c’est tactiquement pour jouer la victime du système médiatique. Cela s’est avéré assez rare depuis 2007.

Le fait qu’elle réclame aujourd’hui que les médias audiovisuels lui rendent sa monnaie offre un signe visible d’inquiétude à ses adversaires. Les principes qu’avait imposés Nicolas Sarkozy dès 2002 étaient tout autres : imposer dans l’opinion les questions et les réponses, prescrire les bons critères de vote, batailler par la rhétorique. La présence de Nicolas Sarkozy depuis 2002 était autant intellectuelle que physique, autant dans le message (quels que soient ceux qui le portent, y compris ses détracteurs) que dans l’image.

 

Ma deuxième interrogation porte sur l’utilité-même d’un tel crédit de temps de parole à six mois de l’élection présidentielle. Que vont-ils bien pouvoir en faire, aussi tôt dans la campagne ? Je crains que pour cette partie de la représentation politique, qui va souffrir quelques mois du désavantage tactique de n’avoir encore ni candidat ni programme officiel, l’obligation de tenir l’antenne ne produit rien en termes d’opinion. A six mois de l’élection, dans le contexte de candidature du président sortant, l’opinion se cristallise tardivement, sans doute après janvier ou février. Sans porte-parolat ni base rhétorique renouvelée, l’UMP exploitera avec difficulté le temps de parole imparti d’ici au 31 décembre. Je vois mal Henri Guaino, Claude Guéant, Jean-François Copé et Valérie Pécresse tenir à eux-seuls l’antenne pendant trois mois.

Je fais même le pari que cela ne changera rien pour la majorité d’ici là, et qu’en dehors du maigre avantage tactique qu’elle a tiré de cette complainte publique, elle ne gagnera rien à s’exposer pendant les deux mois qui viennent.  Bien au contraire.

Par pilhan2012
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