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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 12:50

Dominique Strauss-Kahn souhaite refaire de la politique. Son expression politique est-elle anéantie par « l’affaire » ou peut-elle préserver son impact et son audience ? C’est cela que Dominique Strauss-Kahn venait tester dimanche soir dernier (25 septembre 2011) sur le plateau de TF1. Tester, ou plutôt confirmer.

Car l’homme conserve sa part de voix politique : en présentant sa candidature à l’élection présidentielle et en la retirant quelques secondes plus tard (inédit !), en avouant l’existence bien connue d’un pacte entre Laurent Fabius, Martine Aubry et lui, puis en s’exprimant longuement sur les moyens politiques et financiers de faire sortir la Grèce de la crise qu’elle connaît, Dominique Strauss-Kahn a refait de la politique. Le lendemain, le surlendemain, le Premier ministre et les quotidiens, « Le Figaro » en tête, ont rebondi, analysé et critiqué le contenu politique de son interview de dimanche. L’audience, c’est ceux qui regardent. L’influence, c’est ceux qui en parlent. Le tout, c’est une trace dans l’opinion.

 

A chaud, on a commenté la première séquence de son interview, consacrée à Nafissatou Diallo et à Tristane Banon : « Peut-on le croire ? Est-il crédible ? ». Mais à froid, on n’a plus parlé que de son immixtion dans les primaires et de ses propositions sur la dette grecque. Dominique Strauss-Kahn est le chef d’un shadow cabinet égocentré, dont il reste le seul membre. Mais qu’il ait convaincu ou pas sur le chapitre privé et judiciaire, cela n’a aucune importance. Le simple fait d’avoir « refait de la politique » ce soir-là répond à l’objectif qu’il s’était fixé : planter son drapeau – même usé – au cœur du débat.

La stratégie qu’il a retenue, c’est celle d’un retour dans le champ politique (pas encore dans le jeu politicien) en saturant régulièrement l’opinion par son expression et en obligeant le public à considérer qu’il n’a rien perdu de son acuité, de ses compétences et donc de son utilité. Ne pas demander aux Français qu’ils le choisissent, mais qu’ils s’interrogent sur ses propos et, peut-être, qu’ils l’approuvent. Ne pas présenter d’excuses ni demander le pardon du peuple, puisqu’il ne lui avait encore rien promis. « Servir le bien public », sans être candidat.

 

Autrement dit, réhabituer son public à un exercice qu’il avait dû abandonner en 2007 : parler politique. Ne plus cesser de le faire. Forcer l’écoute de ceux qui lui intiment l’ordre de « tourner la page » ou de « passer à autre chose ». L’audience (1 téléspectateur sur 2 a regardé l’interview), et son influence, reconstruite malgré eux par tous ceux qui ont commenté ses propos de dimanche, apportent une première réponse à ceux qui s’interrogent sur l’avenir de Dominique Strauss-Kahn.

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 15:11

En retrait de la vie publique depuis treize ans déjà, j’ai laissé courir le temps. Jacques Chirac a-t-il eu besoin de moi pour dramatiser à l’excès une réélection qui ne lui était plus promise après cinq ans d’une ennuyeuse – et donc parfaite – cohabitation ? Quant à la fois d’après, 2007, elle consacra les avantages d’un plan média politique construit et déployé à la lettre par ses protagonistes, comme en 1988. La politique, c’est comme le cinéma : un acteur sans réalisateur ni scénariste n’est rien. Au mieux, un « meilleur espoir », et c’est déjà beaucoup ; au pire, une vieille nostalgie. Rama Yade, espérez ! Jacques Delors, souvenez-vous…

 

Mais le monde a changé.

On ne disait plus « plan média » mais « storytelling », comme si l’anglais ajoutait assez de pudeur à un mot que tout politique bien-pensant feint de rejeter.

Hier hommes de l’ombre, dont la discrétion garantissait souvent le succès, les conseillers décidèrent soudain de s’afficher aux côtés de ceux qu’ils conseillent. Et alors, mes héros, croyez-vous que l’écran supporte qu’un politique s’affiche avec une autre star que lui ?

« Pilhan a perdu », se félicitaient d’autres commentateurs pendant les premiers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Comme si l’essentiel de mon rôle avait consisté à faire taire les présidents, à leur imposer le silence, la distance…

 

Vexé ? Oui, je l’ai été pendant ces années de… silence, avant que je ne m’apprête à prodiguer quelques analyses pour l’élection qui vient. Des analyses et quelques conseils, s’ils veulent bien m’entendre. Car un conseiller n’est pas un exécutant : il doit convaincre pour réussir, affuter ses arguments, parfois séduire. 2012 me botte. Il faut que je me réhabitue au monde, mais aujourd’hui, je romps le silence.

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