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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 23:11

« Comment vont voter les électeurs des primaires du 9 octobre prochain » est une question plus aisée que « combien seront-ils » ou « qui les gagnera ». C’est d’ailleurs et toujours la seule question utile lorsque l’on conseille un client politique. J’esquisse quelques réponses.

 

Pour les électeurs du 9 octobre, le choix ne se pose pas sur un axe Hollande vs. Aubry, non parce qu’ils sont tous les deux les favoris du premier tour, mais parce qu’ils présentent des différences trop infimes pour que la question d’un vote alternatif de se pose pas.

En l’espèce, Aubry, Royal et Hollande présentent des candidatures neutres politiquement. Ils respectent la ligne du parti, celle du projet proposé quelques mois auparavant. Ils ne peuvent se différencier que sur leur communication analogique, le signifiant : la posture et le ton que chacun emploie fondent leur profil de candidat. En la matière, Ségolène Royal se détache réellement et elle captera plus d’électeurs que les sondages ne le prévoient car elle se distingue sur le ton en gagnant en proximité. Dans le trio Aubry-Hollande-Royal, c’est cette dernière qui banalise les deux premiers et les renvoient à une neutralité trop peu caractérisée.

 

De fait, ces trois candidats-là renvoient le choix d’une ligne politique aux deux autres socialistes, Arnaud Montebourg et Manuel Valls. Pour les électeurs des primaires qui souhaitent imprimer une ligne politique marquée à leur vote et ainsi teinter le vainqueur – dont ils s’attendent à ce qu’il soit François Hollande -, Montebourg ou Valls sont les deux seuls choix possibles. Eux deux n’ont cessé de tracer un sillon politique net ces derniers mois, l’un en revisitant le vocabulaire de la première gauche, l’autre en raffinant son message social-libéral.

De fait, l’électeur du premier tour ne tranchera pas entre deux favoris mais entre deux utilités de son vote : « je vote parce qu’il faut construire une dynamique collective et signifier mon adhésion à la gauche » (1), ou « je vote pour émettre un choix politique et changer la ligne de la campagne » (2).

 

Quelle est la stratégie qui fonctionnera le mieux dimanche prochain ? Celle, comme toujours, du candidat qui n’aura pas choisi la guerre de tranchée mais qui aura réussi à faire venir ses adversaires sur son champ de bataille. La stratégie de la neutralité détachée et solennelle (François Hollande), et celle de la neutralité spontanée et proche (Martine Aubry) vont échouer. Elles ne vont pas échouer parce qu’elles seraient foncièrement mauvaises, mais parce que les électeurs de gauche, et notamment ceux dont il est aujourd’hui assuré qu’ils voteront dimanche, se déplaceront pour changer les choses. Le désir de changement ne peut s’incarner que dans une ligne politique précise et affutée, quelle qu’elle soit. Ce fut le cas jusqu’en 1981 entre Michel Rocard et François Mitterrand.

Martine Aubry et François Hollande ont commis l’erreur de faire une campagne de second tour. Leur tactique, qui a consisté à s’extraire de la bataille, est erronée. Il devait s’agir pour eux de mener vraiment la bataille, sur le terrain qu’ils auraient choisi.

Les arguments des ralliés à François Hollande sont d’ailleurs significatifs : il est le meilleur pour « fédérer » la gauche et les socialistes. Cela traduit une phobie de la désunion qui est parfaitement étrangère à la foule des sympathisants. Ces sympathisants si perturbés par l’apathie idéologique de la gauche depuis les années 1990 qu’ils souhaitent être guidés, avant d’être rassemblés.

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Published by pilhan2012
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