Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 22:51

Il me revient souvent cette phrase que prononça le président Mitterrand au terme de son second mandat. La gauche, que j’avais alors cessé d’accompagner dans sa conquête politique tant elle peinait à présenter un visage aux Français, « ne trouvait plus les mots ». « C’est inquiétant », insistait François Mitterrand.

A entendre aujourd’hui les principaux orateurs socialistes, je me dis que ces mots de François Mitterrand n’ont pas tout perdu de leur actualité. En définitive, la politique, c’est souvent l’art de trouver les mots.

Ma distance prise avec l’arène, je me permets quelques conseils à l’usage de ceux qui vont défendre, sur les plateaux, la gauche face aux « affaires » de la droite.

 

On ne dit pas « boules puantes », mais « preuves ». Les boules puantes, c’est l’expression de la majorité de droite pour renvoyer l’accusation dans la face des accusateurs : « vous dépréciez le jeu politique en empoisonnant l’opinion ». Les preuves, elles, sont irréfutables, vérifiables, assassines.

 

On ne dit pas « accusations » mais « révélations ». Que font Médiapart dans l’affaire Takieddine et « L’Express » au sujet de la compagne de François Hollande (http://www.lexpress.fr/actualite/politique/la-police-soupconnee-d-enqueter-sur-la-compagne-de-francois-hollande_1036814.html) ? Ils n’accusent pas, ils révèlent des informations.

 

On ne dit pas « contre-vérité », mais « mensonge ». Une contre-vérité, cela laisse encore penser qu’il y a une intention de vérité, mais qu’elle a été déformée. Le mot est cependant globalement incompris, alors que « mensonge » ne laisse personne hors du chemin.

 

On ne dit pas « indigné », car chacun peut légitimement l’être pour tout excès observé, quel qu’en soit le sens. On dit que « la loi est violée », car il vaut mieux renvoyer vers le droit ce que l’opinion a trop tendance à laisser à la morale.

 

On ne dit pas « les impôts des riches seront augmentés », on dit « pour 95% des Français, l’impôt sur le revenu n’augmentera pas ».

 

On ne dit pas « Nicolas Sarkozy n’a pas tenu sa promesse de République irréprochable », on dit « on ne promet pas de respecter la loi. On la respecte ou bien l’on est puni ».

 

On ne dit pas « pourquoi ne l’ont-ils pas fait pendant ces dix dernières années ? », mais « pourquoi voulez-vous qu’ils fassent demain autrement que ce qu’ils ont si mal fait pendant dix ans ? »

 

On ne dit pas « plus personne ne se souvient de Brice Hortefeux », mais « vous vous souvenez de Brice Hortefeux ? ».

 

On ne dit pas « ce président en a trop fait », mais on interroge : « en fin de compte, qu’a-t-il fait ? ».

 

On ne dit pas « j’en appelle au garde des Sceaux », mais « au fait, combien de Français peuvent citer le nom de leur ministre de la Justice et des Libertés ? ».

Partager cet article

Repost 0
Published by pilhan2012
commenter cet article

commentaires