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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 15:02

Je vous livre les réflexions d’un ami communicant, bien connu de nombreux patrons et responsables politiques qu’il conseille. Son message rappelle justement les exigences de son métier.

 

« Je me suis récemment séparé d’un mauvais consultant dont l’une des poses était de constamment commenter le cours de bourse de son principal client. Ce n’est évidemment pas la cause principale de ma décision, mais c’est là un point essentiel de la vision que j’ai de mon métier : le conseiller doit s’interdire de commenter ce qui est extérieur à son domaine d’influence. Son rôle est d’analyser et d’anticiper. Décrire un présent qui se divise en deux alternatives - ça monte ou ça baisse, n’aide en rien à agir sur les choses, et tend à ajouter de l’angoisse à la situation.

 

Ce travers du consultant ‘corporate’, qui pense légitimer sa démarche auprès d’un dirigeant en la liant au cours de bourse de l’entreprise, est le même que celui du consultant ou du conseiller politique qui ne sait pas aller au-delà des sondages du jour. Quel-est le rôle du conseiller, sinon de conserver rigueur et distance dans sa réflexion pour aider le dirigeant à la décision, que ce soit pour conserver ou pour transformer ?

 

J’ai toujours été friand des analyses d’opinion, mais en les décortiquant, en cherchant ce qui se cache derrière des chiffres parfois biaisés, en les comparant sur des durées longues, et en les exploitant publiquement. Ce travail m’offre une fenêtre sur une forme de vérité, qui me permet bien sûr de dire à mon client ce qui est attendu de lui, mais surtout de l’accompagner dans les décisions à prendre pour convaincre et entraîner. Je dois avouer qu’en ton absence, c’est ce qui a été assez brillamment (et, si j’en crois la presse, coûteusement) réalisé par MM. Buisson et Giacometti auprès de Nicolas Sarkozy.

 

En poussant l’argument, j’ose dire que le rôle d’un grand patron aujourd’hui doit être d’assumer les grands enjeux de son entreprise, en priant pour que cela soit du goût des marchés. Le conseiller est là pour l’aider à identifier le cap et à le tenir, quitte à ostensiblement ignorer le cours de l’action. Je pense la même chose de la relation entre le dirigeant politique et son conseiller qui, comme je l’ai suggéré dans un billet précédent, pourra être tenté de profiter du « pouvoir d’angoisse » qu’il a sur le dirigeant, en dramatisant les enjeux d’un sondage ou d’un article. Plus difficile est la tâche qui consiste à aider le dirigeant à relever la tête et à regarder plus loin. »

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Published by pilhan2012
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commentaires

Antoine Boulay 20/10/2011 17:12


A titre purement personnel, Cher Jacques, j'attire votre attention sur le fait que la question de la notation de la signature de la France relève, on peut le regretter mais c'est ainsi, de sa
souveraineté. C'est ce qui fait le caractère très spécifique de la situation actuelle. C'est aussi ce qui fait que le sujet de la notation a une dimension présidentielle, nolens volens.
Amitiés.
Antoine


pierre larrouy 20/10/2011 16:23


Jacques
Tu ecris un #que sais je?#
On est dans l'anecdotique
Bien a toi