Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 17:59

Voici mes premiers conseils au candidat investi au soir du second tour des primaires citoyennes. Admettons que François Hollande les remporte – je ne fais pas là une prédiction mais j’émets une hypothèse - il lui faudra rapidement donner quelques signes nouveaux à l’opinion publique et à son camp.

 

François Hollande ne parlera pas de la semaine. Concentré sur des échanges rapides pendant ces dernières semaines de campagne « interne », il doit désormais se réserver et gérer le temps long d’une campagne de sept mois où il sera en monologue pendant les prochaines semaines, son adversaire Nicolas Sarkozy étant volontairement absent du débat. Le rythme va brutalement changer. Il va laisser de l’espace à ses concurrents de gauche et profiter de ce temps intermédiaire pour interroger ses fondamentaux et sa nécessaire mutation jusqu’au 22 avril 2012.

Créer le désir, se dévoiler progressivement, et incarner ce qu’attendent les électeurs : un président-acteur d’un changement qui les protège.

 

Lundi 17 octobre. Jean-Luc Mélenchon donne une interview le matin-même sur RMC. Interrogé sur la commémoration des événements du 17 octobre 1961, il exclut toute « repentance de l’Etat » mais accuse la droite « de silence et de dissimulation sur les saloperies commises ce soir-là à Paris par Papon et la clique gaulliste » et demande « à ses héritiers des excuses officielles ». Copé réplique sur le thème de « l’offense à l’histoire » et du « sectarisme ».

Bruno le Maire, ministre de l’Agriculture et chargé de la coordination du programme de l’UMP pour 2012, reprend les propos de Xavier Bertrand prononcés dimanche 16 octobre et plaide lui aussi en faveur de « primaires populaires » en 2017.

 

Mardi 18 octobre. François Hollande visite en « privé » avec Bertrand Delanoë l’exposition présentée au musée Carnavalet sur « Le peuple de Paris au XIXè siècle ». Un journaliste du « Nouvel Observateur » qui les accompagne l’interroge sur la polémique du 17 octobre : « La mémoire ne pardonne pas, mais les hommes peuvent pardonner. Si la droite ne le fait pas aujourd’hui, nous le ferons à sa place dès 2012. Les Français doivent regarder leur histoire en face et s’accepter tels qu’ils sont ». Ses propos seront repris en dans l’édition de jeudi 20 de l’hebdomadaire et commentés par Benjamin Stora le samedi suivant dans une tribune à « Libération » : « Le refus politique de la repentance a fait perdre un temps précieux à la France. Il a mis fin à l’intégration républicaine des identités et au creuset que représente l’écriture de l’histoire de France. François Hollande doit reprendre le travail là où d’autres l’ont laissé ».

 

Mercredi 19 octobre. Dans son édito du « Figaro », Ivan Rioufol interroge « Mais au fait, qui est M. Hollande ? », et abat la carte de la synthèse illisible : « Est-il l’obligé de Manuel Valls, héraut de la gauche libérale, ou d’Arnaud Montebourg, le démondialisateur démoagogue ? S’il est un peu plus que le ‘candidat du rien’, il ressemble un peu trop au candidat fourre-tout des lubies socialistes. »

 

Jeudi 20 octobre. François Hollande passe l’après-midi à Lille et est aperçu dans les rues avec Martine Aubry. Claude Bartolone, dans l’édition du « Monde » du jeudi soir, appelle au « sursaut de toute la gauche populaire derrière le candidat qu’elle s’est légitimement donné ».

 

Vendredi 21 octobre. De passage à Rome avec Jérôme Cahuzac pour rencontrer Mario Draghi, successeur de Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE, François Hollande fait un crochet d’une heure auprès des Indignés dont les manifestations ont pris un tournant violent samedi 15 octobre. Il n’a pas prévenu les journalistes français qui suivaient son déplacement mais son entrevue spontanée avec les jeunes romains sera évoquée le soir-même sur les sites Internet de « La Repubblica » et du « Manifesto ».

 

Samedi 22 octobre. Daniel Cohn-Bendit, interrogé par la télévision allemande sur la primaire socialiste française, déclare : « En 2012, il faudra bien réfléchir à ne pas bouder les effets d’une candidature de rassemblement dès le premier tour. Je voterais bien Hollande parce que l’idée, c’est bien d’élire un président français, pas un groupe d’eurodéputés ». La plupart des responsables d’Europe Ecologie boudent la fête des socialistes organisée pour sceller l’union après les primaires. Bruno Le Roux, sur ITélé, déclare : « Les Verts n’ont pas le monopole de l’écologie ».

Dimanche 23 octobre. On fait fuiter dans le « Journal du Dimanche » des premières informations sur la constitution de l’équipe de campagne de François Hollande. Ses principes : une équipe resserrée de 8 porte-parole thématiques, 4 hommes et 4 femmes. Autant d’attendus (Manuel Valls, Najat Vallaud-Belkacem) que d’inattendus (une prise écologiste et une personnalité issue du monde de l’entreprise).

Partager cet article

Repost 0
Published by pilhan2012
commenter cet article

commentaires

Monsieur Poireau 19/10/2011 00:06


Hollande a fort mal commencé sa semaine.
A oeine élu et à peine le très beau discours d'unité d'Aubry rangé, la chasse aux sorcières a été lancée dans les couloirs de Solférino.
Puis il a fait savoir qu'il se lançait dans une diète médiatique avant d'annoncer sa présence au 20h de TF1…
Beaucoup d'amateurisme !
:-)