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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 17:40

Quelle que soit la couleur de la majorité en 2012, la quatorzième législature sera plurielle. Autour du Parti socialiste ou de l’UMP, le futur chef de gouvernement devra composer avec une coalition de groupes parlementaires, de partis et de courants divers. Une telle situation, à droite comme à gauche, plaide en faveur de la nomination d’un Premier ministre modéré et de conciliation pour commencer la mandature 2012-2017. Cela veut aussi dire que le président élu en mai pourra – et devra – conserver une expression politique forte et partisane, laissant à son Premier ministre le devoir d’associer des partis et des courants divers pour s’offrir une majorité, au moins pendant le premier tiers du quinquennat.

Cela ressemble à 1967 ou aux recompositions de 1974. Cela ressemble aussi et surtout à l’après-juin 1988, que j’ai bien connu. Par comparaison avec Valéry Giscard d’Estaing, il aurait fallu qu’il commence avec Raymond Barre et qu’il finisse avec Jacques Chirac.

 

Mais ce qui frappe après le renouvellement sénatorial de dimanche, c’est que l’UMP se nucléarise. Les « centristes »,  la « droite sociale », la « droite populaire », demain peut-être la « droite rurale » et la « droite urbaine » s’autonomisent et diluent l’existence politique d’un parti qui s’était pourtant construit sur le refus des courants. Au-dessus, ou à côté, le réduit sarkozyste, plus limité que jamais à Nicolas Sarkozy et à une garde rapprochée que les quatre années passées ont fragilisée.

 

Nicolas Sarkozy peut-il reconstruire une majorité après 2012 autour de ces noyaux antagonistes ? Je lis aujourd’hui que la Droite populaire veut vivre sa vie, et que les centristes entendent s’unir hors de l’UMP. Ce processus de désagrégation est bien connu des formations politiques où le vent ne porte plus. Derrière ces mouvements discrets, de palais et d’officines, se dessinent les contours d’une future majorité.

 

Nicolas Sarkozy n’incarnera plus l’UMP, car l’UMP est désertée. En revanche, il sera le candidat trans-courant d’une droite décomposée. S’il est le candidat incontesté de la droite en 2012, il profitera des dispersions internes pour construire autour de sa personnalité et de son propre projet. Cela demandera un travail sur soi dont je doute qu’il soit capable d’ici mai 2012. Il ne sera pas le candidat qui unit, mais au mieux celui qui rassemble.

C’est le président qui écoute et qui pratique l’ouverture à l’intérieur de son camp. D’une certaine manière, s’affranchir de son parti à la manière de François Mitterrand en 1988 est un avantage certain, à la différence près que Nicolas Sarkozy ne profitera pas du surcroît de présidentialité d’un président sortant de cohabitation.

 

Le risque est trop grand que Nicolas Sarkozy n’incarne plus qu’une partie de la droite. Je crois que c’est aussi pour cela qu’il échouera. Il avait réussi à faire voter la gauche, il ne réussira pas à faire voter la droite.

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Published by pilhan2012
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