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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 18:09

« Moi je ne fais pas de com’ », répète Martine Aubry avec la fierté de celle qui ne se compromet pas. La « com’ », une expression aussi laide et ringarde que « socialos ». Cette posture, Martine Aubry en récolte les fruits auprès du noyau dur des militants. La « com’ », c’est de droite, c’est l’instrument de la manipulation des foules, c’est même, quand on repense aux meetings de Sarkozy en 2006-2007, une mise en scène quasi fascisante. Rendez-vous compte, le son ne grésille pas, le fond n’agresse pas l’œil, et la température est de 21°C !

Il faut souffrir pour être un bon « socialo », il faut rester debout, transpirer, et refuser la « com’ ». Et bien entendu dénoncer publiquement les « media trainings », qui n’ont pour seul défaut que de ne pas être nommés « préparation à l’échange en présence de relais d’opinion ».

 

Cette posture fédère les puristes. Elle n’a qu’une limite : elle est immature et non-professionnelle. J’ai eu l’occasion de donner dans le Débat, en novembre 1995, une partie de la vision que j’avais du métier que j’ai exercé. Retraçant l’histoire de ce métier, j’ai démontré qu’avant moi il était l’apanage de publicitaires exerçant gratuitement pour les dirigeants dont ils géraient les marques. Je ne revendiquai alors que l’invention du plan media pour le dirigeant, son « écriture médiatique ». Est-ce si sale que cela ?

On présente comme un drame le décompte qui est fait du temps de parole de la gauche. Mais que faisons nous du reste des médias, ceux qui mobilisent les électeurs, les médias de proximité que sont d’un côté internet et de l’autre la presse quotidienne régionale ? J’étais connu pour n’élever la voix que rarement, mais je ne décolère pas depuis cet été, durant lequel les deux actions de relations presse de Martine Aubry ont été des tribunes dans le Monde puis dans Les Echos. Qui pensait-elle convaincre ? Qui pensait-elle mobiliser ?

 

Misère d’une communication descendante, verrouillée, sans journaliste, sans intermédiaire, sans lecteur. Bien sûr, il était plus difficile de réaliser une tournée de la PQR, pour que chaque baigneur ait l’occasion de lire les propositions de Martine Aubry le matin, à l’ombre du parasol. Et cela aurait supposé de faire de la « com’ », de se compromettre et –sacrilège !, de séduire.

Séduire 2,5 millions de personnes qui n’ont pas envie de se dire « socialos », 2,5 millions de personnes qui ont simplement envie que la gauche soit majoritaire demain.

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Published by pilhan2012
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