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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 15:11

En retrait de la vie publique depuis treize ans déjà, j’ai laissé courir le temps. Jacques Chirac a-t-il eu besoin de moi pour dramatiser à l’excès une réélection qui ne lui était plus promise après cinq ans d’une ennuyeuse – et donc parfaite – cohabitation ? Quant à la fois d’après, 2007, elle consacra les avantages d’un plan média politique construit et déployé à la lettre par ses protagonistes, comme en 1988. La politique, c’est comme le cinéma : un acteur sans réalisateur ni scénariste n’est rien. Au mieux, un « meilleur espoir », et c’est déjà beaucoup ; au pire, une vieille nostalgie. Rama Yade, espérez ! Jacques Delors, souvenez-vous…

 

Mais le monde a changé.

On ne disait plus « plan média » mais « storytelling », comme si l’anglais ajoutait assez de pudeur à un mot que tout politique bien-pensant feint de rejeter.

Hier hommes de l’ombre, dont la discrétion garantissait souvent le succès, les conseillers décidèrent soudain de s’afficher aux côtés de ceux qu’ils conseillent. Et alors, mes héros, croyez-vous que l’écran supporte qu’un politique s’affiche avec une autre star que lui ?

« Pilhan a perdu », se félicitaient d’autres commentateurs pendant les premiers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Comme si l’essentiel de mon rôle avait consisté à faire taire les présidents, à leur imposer le silence, la distance…

 

Vexé ? Oui, je l’ai été pendant ces années de… silence, avant que je ne m’apprête à prodiguer quelques analyses pour l’élection qui vient. Des analyses et quelques conseils, s’ils veulent bien m’entendre. Car un conseiller n’est pas un exécutant : il doit convaincre pour réussir, affuter ses arguments, parfois séduire. 2012 me botte. Il faut que je me réhabitue au monde, mais aujourd’hui, je romps le silence.

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Published by pilhan2012
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